9/07/2006

Nouvelle liste des Crus Classes de Saint Emilion

L'INAO a publie aujourd'hui son nouveau classement pour le Saint
Emilionnais...

COMMUNIQUE DE PRESSE

Classement des crus de Saint-Emilion


Le Comité national des Vins et Eaux-de-Vie de l'INAO s'est réuni le 7 septembre.

Il a étudié les propositions de classement des crus de Saint-Emilion présentées par la Commission de classement nommée à cet effet par le Comité national lors de sa séance de mai 2004, sur proposition du syndicat viticole de Saint-Emilion.

Présidée par Pierre PERROMAT, Président d'Honneur de l'INAO, cette Commission est composée de personnalités de la filière viticole girondine présentant des profils pluridisciplinaires : négociants et courtiers en vins, œnologues, spécialistes des sols de la région de Saint-Emilion, juristes en droit viticole, géographe spécialisé en histoire viticole.

Le classement des crus de Saint-Emilion est révisé tous les dix ans. Le précédent classement date de 1996 et comprend treize Premiers Crus Classés (deux Premiers Grands Crus Classés A et onze Premiers Grands Crus Classés B) et 55 Grands Crus Classés.

La Commission de classement s'est réunie lors de 39 sessions qui se sont déroulées entre octobre 2004 et août 2006.
Pour établir ses propositions, la Commission de classement s'est basée, sur une période comprenant les millésimes produits entre 1993 et 2002, sur l'étude des critères suivants :
l'assiette foncière des crus, la conduite de l'exploitation sur le plan viticole et œnologique, la notoriété du cru, les prix de vente pratiqués, la commercialisation du cru, et les résultats des dégustations anonymes réalisées par les membres de la Commission (les échantillons ayant été prélevés en exploitation par les agents de l'INAO).
La liste des crus retenus par la Commission est jointe en annexe, elle comprend Quinze Premiers Grands Crus Classés (Deux Premiers Grands Crus Classés A et Treize Premiers Grands Crus Classés B) et Quarante-Six Grands Crus Classés.
Le Comité National a adopté la proposition de la Commission de Classement.

Ce classement sera soumis à homologation des Ministères de l'Agriculture et de l'Economie.

PREMIERS GRANDS CRUS CLASSES :

A

CHÂTEAU AUSONE
CHÂTEAU CHEVAL-BLANC

B

CHÂTEAU ANGELUS
CHÂTEAU BEAU-SEJOUR-BECOT
CHÂTEAU BEAUSEJOUR (DUFFAU-LAGAROSSE)
CHÂTEAU BELAIR
CHÂTEAU CANON
CHÂTEAU FIGEAC
CLOS FOURTET
CHÂTEAU LA GAFFELIERE
CHÂTEAU MAGDELAINE
CHÂTEAU PAVIE
CHÂTEAU PAVIE-MACQUIN
CHÂTEAU TROPLONG-MONDOT
CHÂTEAU TROTTEVIEILLE

GRANDS CRUS CLASSES :

CHÂTEAU L'ARROSEE
CHÂTEAU BALESTARD-LA-TONNELLE
CHÂTEAU BELLEFONT-BELCIER
CHÂTEAU BERGAT
CHÂTEAU BERLIQUET
CHÂTEAU CADET-PIOLA
CHÂTEAU CANON-LA-GAFFELIERE
CHÂTEAU CAP-DE-MOURLIN
CHÂTEAU CHAUVIN
CHÂTEAU LA CLOTTE
CHÂTEAU CORBIN
CHÂTEAU CORBIN-MICHOTTE
CHÂTEAU LA COUSPAUDE
CHÂTEAU DASSAULT
CHÂTEAU DESTIEUX
CHÂTEAU LA DOMINIQUE
CHÂTEAU FLEUR-CARDINALE
CHÂTEAU FONPLEGADE
CHÂTEAU FONROQUE
CHÂTEAU FRANC-MAYNE
CHÂTEAU GRAND-CORBIN
CHÂTEAU GRAND-CORBIN-DESPAGNE
CHÂTEAU LES GRANDES MURAILLES
CHÂTEAU GRAND-MAYNE
CHÂTEAU GRAND-PONTET
CHÂTEAU HAUT-CORBIN
CHÂTEAU HAUT-SARPE
CLOS DES JACOBINS
COUVENT DES JACOBINS
CHÂTEAU LANIOTE
CHÂTEAU LARCIS-DUCASSE
CHÂTEAU LARMANDE
CHÂTEAU LAROQUE
CHÂTEAU LAROZE
CHÂTEAU MATRAS
CHÂTEAU MONBOUSQUET
CHÂTEAU MOULIN DU CADET
CLOS DE L'ORATOIRE
CHÂTEAU PAVIE-DECESSE
CHÂTEAU LE PRIEURE
CHÂTEAU RIPEAU
CHÂTEAU SAINT-GEORGES-COTE-PAVIE
CLOS SAINT-MARTIN
CHÂTEAU LA SERRE
CHÂTEAU SOUTARD
CHÂTEAU LA TOUR-FIGEAC

6/07/2006

Syndicalisme et pouvoir


J'ai écouté avec intérêt et agacement l'interview de Jean-François Chérèque, Secrétaire Général de la CFDT au Grand Jury RTL-LCI-Le Figaro.

Quelques remarques, à la volée...

1) M. Chérèque exige des parlementaires qu'ils renoncent à légiférer si la CFDT, la CFTC et la CGC acceptent de signer un protocole d'accord avec le gouvernement sur le traitement des intermitents du spectacle. Ce serait totalement incongru! Comment peut-on exiger que le Parlement, élu du Peuple, s'efface devant les syndicats? Que des négociations aient lieu, très bien, mais la discussion n'exige pas un transfert de compétences, que je sache. Le pouvoir législatif et son initiative appartiennent au Parlement et au gouvernement. Si les syndicats veulent ce pouvoir, que leurs leaders se présentent aux élections législatives! Ils annonceraient au moins clairement la couleur.

2) M. Chérèque est en désaccord avec le projet du PS de "re-nationaliser" EDF-GDF et argumente en disant, entre autres, qu'il ne voudrait pas enrichir les personnes qui ont "boursicotté" sur l'entreprise. Où est le problème? ll s'agit d'individus qui, croyant en l'avenir de l'entreprise, ont investi dans son capital. Il semblerait pour le moins normal qu'elles fussent rémunérées pour ça. Les syndicalistes semblent aveuglés par les représentations caricaturales des capitalistes et autres investisseurs: de gros bourgeois aussi méprisants que répugnants, confits de cynisme et d'inhumanité, vivant de la sueur et si possible du sang du pauvre travailleur incarnant, lui, l'image d'une Causette faible et innocente. Il faut arrêter et changer de millénaire!

3) M. Chérèque émet une opinion négative sur la fusion GDF/Suez. Est-ce vraiment dans son domaine de compétences? Un syndicat est sensé défendre les droits des salariés et non gouverner les entreprises. Il n'a aucune autorité en termes de gestion. Encore une fois, M. Chérèque fait preuve d'un trop grand appétit!

5/24/2006

Astuces de service



Un billet tres bien fait et tres complet, sur le blog d'Emmanuel Delmas, que je conseille a tous ceux qui se posent des questions sur la meilleure facon d'aborder leur vin, de sa conservation a sa degustation.

Au programme:

Au commencement, l'apéritif
Carafer ou décanter le vin ?
Quel verre pour quel vin ?
Quel vin avec le fromage ?
Quelle température de service pour les vins ?
Comment conserver le vin ?
Quel contenant, la bouteille ou le magnum ?
Décanter les vieux vins ?
Quand carafer un vin jeune ?
Comment décanter le vin ?
Quel vin avec le foie gras ?
Quel vin avec le chocolat ?
Comment organiser l'ordre de passage lors d'une dégustation ?
Comment réchauffer un vin rouge trop frais ?
Comment stabiliser un vin fragilisé par un transport ?
Comment ouvrir une vieille bouteille...(sans cassser le bouchon) ?

Rien a ajouter...

De la difficulte d'acheter du vin


On oublie souvent que l'achat d'une bouteille de vin est un acte d'une grande complexité, surtout lorsque l'on recherche un vin dans des prix abordables. Il y a une foule de paramètres à prendre en compte, si l'on veut se retrouver avec une bonne bouteille de vin français. En vrac: prix, couleur, région, appellation, cépage s'il y a lieu, producteur, millesime, cuvée... J'en oublie.

A côté de celà, le non initié voit des chardonnay peu différents les uns des autres, quel que soit le pays d'origine. Il sait ce que ça donnera. J'exagère, mais pas tant que ça.

Les vins français ont, à mes yeux, deux possibilités:
-entrer en concurrence
-se hisser vers la qualité.

Il y a bien une troisième solution qui serait typique à notre pays: ne pas bouger en attendant que ça passe. Je ne développerai pas ce point aussi stérile qu'un âne dans le jardin de Brigitte Bardot.

La concurrence. Nous l'avons souvent ignorée par aveuglement devant les progrès faits par les "piquettes étrangères", par snobisme un peu, par chauvinisme beaucoup. Elle nous a explosé à la figure, sans que nous y soyons préparés: nous n'avons pas prêté attention aux besoins des consommateurs, attachés que nous êtions à la tradition. Nous n'avons pas vu les attentes pour des vins faciles, fruités, boisés. Nous n'avons pas compris que le consommateur était prêt à découvrir d'autres continents, qu'il était plus ouvert d'esprit que nous. Nous avons mal évalué les capacités du marketing, terme honni dans bien des vignobles, pas toujours à tort par ailleurs.

La concurrence est sans complexe. Elle adapte ses vins, jouit d'une législation favorable car peu restrictive et parfois d'un marché intérieur porteur et chauvin, comme c'est le cas aux Etats-Unis.
La concurrence est dynamique. Elle s'est facilement adaptée aux modes de consommation avec une communication efficace, des étiquettes clairement lisible et surtout une bonne régularité dans la qualité. Elle a su développer des marques qui ont gagné en puissance et sont devenues des gages d'une certaine qualité. La concurrence est riche, certaines wineries américaines et Australiennes en sont un exemple, avec de gigantesques surfaces viticoles et des quantités de cols produits par an impressionnantes. Un tour dans la Nappa Valley sur les cartes satellites de Google nous donne une idée de ce gigantisme. La concurrence est multiple et authentique, comme le montre Jonathan Nossiter dans Mondovino.
En bref, la concurrence est rude et tout le monde le sait aujourd'hui.

Quand les viticulteurs du Languedoc, peu réputés pour leurs grands vins, commettent des actes dont la violence n'a d'égale que la stupidité, il faut réagir. Non pas en subventionnant une activité non rentable, mais en leur donnant les bonnes armes. Ces vins ont besoin
-de souplesse dans l'encadrement législatif de la vinification
-d'un certain degré de concentration économique pour leur permettre de faire les investissements nécessaires.

Les subventions sont une erreur à mon sens car elles entretiennent un tissu producteur qui n'est pas viable. Les vins de coopératives sont trop souvent faits avec des jus sans grand intérêt: la coopérative est aux ordres des producteurs dont l'intérêt est de produire en volumes importants. Un négociant a l'avantage de l'indépendance et a plus d'autonomie dans ses exigence
qualitatives. Il a la surface financière nécessaire pour acquérir un matériel de production de qualité et pour mener une politique de distribution cohérente, choses impossibles aux petits producteurs des régions délaissées. Small is not always bieutyfull.
Cette solution, souvent pronée par l'excellente revue l'Amateur de Bordeaux, est un peu une solution à la champenoise.

Bien évidemment, nous parlons ici de qui se vend le plus à Bordeaux et non de ce dont on parle le plus en général; ce discours ne traite pas des crus classés ou assimilés, dont la logique et la réalité sont totalement différentes. Nous aborderons ce point dans un post ultérieur, si vous le voulez bien.

N'hésitez pas à me donner votre sentiment!

4/10/2006

Journalisme et vin


Quelle est la place du journaliste dans le vin? La question est d'actualité en cette période de Primeurs. Tout le monde va guetter les notes de dégustation de ceux qui auront pu approcher ce millésime: courtiers, négociants, acheteurs, journalistes... C'est surtout l'avis de ces derniers qui importe, tant pour l'acheteur que pour le producteur qui va mettre un prix sur des bouteilles en devenir.

Où est le problème?

Auparavant, à Bordeaux, le producteur vinifiait, le courtier faisait les prix en le mettant en relation avec le négociant et ce dernier, qui élevait parfois le vin, le mettait en bouteille, et le commercialisait.

Cette organisation du marché à très bien fonctionné pendant des années. Puis le propriétaire s'est mis à mettre en bouteille lui-même, pour éviter les "assemblages" sauvages de certains négociants peu scrupuleux (2/3 de Mouton, 1/3 de Bordeaux générique et on étiquette Mouton). Le négociant continuait à vendre, l'équilibre demeurait; puis, s'enrichissant, il finit par vouloir, tout naturellement, (re)prendre le contrôle de la vinification en achetant des domaines (ce que d'autres firent par mariage). Ils devint peu à peu juge et partie, producteur et conseil.

Le journaliste, lui, objectif par essence puisque totalement indépendant du marché, comprit vite l'intérêt du lecteur pour la chose du vin. Soucieux de satisfaire sa clientèle et sa soif de savoir, il acquit vite une grande légitimité de par ses connaissances et compétences. Le journaliste s'adressait de plus à une large audience que le négociant ne pouvait toucher.

Aujourd'hui, l'acheteur écoute bien plus le journaliste que le négociant, et les prix se font bien plus en fonction des notes données par les journalistes que de l'appréciation des courtiers et des négociants. Bob Parker est fortement critiqué pour son omni-présence et sa toute-puissance mais il faut bien reconnaître qu'il n'a fait que combler un vide, vide que peu de négociants semblent vouloir combler par eux-même: il faut voir combien citent les notes des journalistes comme argument de vente!



Les journalistes ont souvent de bonnes, voire de très bonnes connaissances, là n'est pas la question. J'aimerais connaître ne serait-ce que le dixième de ce que certains savent, mais j'aimerais pouvoir faire confiance à un professionnel, moins attaché aux modes, moins suceptible de céder au sensationnalisme qu'un journaliste. Ce ne sont pas les négociants qui ont promu les éphémères vins de garage. Les premiers sont en quête de nouveauté, les seconds la craignent. Je ne suis pas sûr pour ma part que l'innovation-produit soit forcément bénéfique aux vins français de haute qualité.

Autre point en faveur du négoce - ou en sa défaveur si l'on considère son abdication - il est sur place, déguste à longueur de temps et l'on pourrait s'attendre à ce que ses connaissances soient plus complètes que celles de la plupart des journalistes.

La situation est, je dois dire, assez invraissemblable, où le professionnel s'appuie sur le journaliste pour vendre. Beaucoup attendent le départ de Parker à la retraite pour reprendre le marché en main. Encore eusse-t-il fallu qu'ils préparrassent le terrain en montrant leur réelle légitimité!

4/04/2006

La vinification, miracle de la nature ou merveille de la technique?


Effet Mondovino ou effet de mode, voire les deux (sont-ils dissociables?), on fustige souvent les vins "industrialisés". A l'inverse, on critique peu les vins trop "bio", pour lesquels l'homme n'intervient parfois pas assez. A ce sujet, un très bon billet de Michel Bettane dont je vous recommande la lecture...

Le vin est fruit de la vigne et du travail des hommes, il n'est pas un produit naturel et n'a d'intérêt que si le terroir ET le viticulteur sont de bonne qualité. Ne pas intervenir, c'est laisser la nature reprendre le dessus (et la nature adore le vinaigre). Trop intervenir, c'est empêcher le raisin d'exprimer ce qu'il a d'intéressant. Le vinificateur doit donc trouver le juste milieu, qui varie selon la situation géographique et le résultat souhaité.
Nous parlons parfois de tricherie dans la vinification. Je demandais il y a quelque temps à un maître de chaire à la faculté d'oenologie de Bordeaux sa définition de la tricherie: "ticher, c'est utiliser un procédé qui n'est pas autorisé par la loi", me répondit-il. Soit, mais pour aussi juste qu'elle fut, sa réponse ne m'a pas convaincu. La chaptalisation est-elle une tricherie? Elle ne fait que pallier à un manque de soleil (pour simplifier). Le sujet provoque pourtant au pire un malaise, au mieux un sourire gêné dans beaucoup de châteaux. La vue d'un employé de chai vidant des sacs de sucre dans les cuves d'un premier cru n'est pas, il est vrai, la meilleure image que l'on puisse avoir!

La chaptalisation est nécessaire dans beaucoup d'endroits, souhaitable dans certains, condamnable dans d'autres, comme dans le Sauternais où elle est pourtant monnaie courante. La cryo-extraction est-elle une tricherie? Elle ne fait que reproduire un élément naturel, le froid...
Jean-Luc Thunevin a vu son Valandraud déclassé pour avoir mis des bâches dans ses vignes, empêchant une pluie qu'il jugeait trop abondante de venir diluer le jus de ses raisins. Il n'a pourtant fait que reproduire un élément naturel, la sécheresse... Alors pourquoi ne pas arroser quand la vigne a trop soif?

Impossible, à mon avis, de faire la part des choses en toute objectivité.
Il appartient à chacun, au sein de sa région, de son appellation, de son vignoble, de définir des règles en se fondant sur sa popre notion de vin juste. Des restrictionssont à imposer lorsque l'on veut quela qualité soit mise en avant. Les règles doivent faire preuve de souplesse s'il s'agit se faire face à la concurrence.

Je serais très intéressé de connaître votre opinion sur la question...

3/31/2006

En complement du precedent post

Une analyse entendue dans le journal du matin de RTL que j'ecoute en podcast, sur mon trajet du bureau:
Les leaders syndicaux nourissent la satisfaction de leur base par la confrontation avec les gouvernemnts, et se voient reprocher, dans le cas ou leur opposition est jugee trop molle, leur manque de conviction.
Nous sommes donc veritablement dans un systeme ou la lutte et le desaccord sont des passages obliges pour tout changement.
Ce qui me sidere chez Chirac, qui peut etre qualifie de beaucoup d'adjectifs differents mais n'est pas stupide, c'est son immobilisme, decrit dans le bouquin tres interessant de F-O Giesbert (La Tragedie du President) comme une peur panique de deplaire.

Bien sur, un dictateur -j'entends par la un homme politique non communiquant et imposant ses reformes- n'est pas une solution pour la France. Il nous faudrait un mix entre l'admirable Thatcher anglaise et l'immobilisme presidentiel actuel. Je n'ai pas encore saisi l'etendue des changements profonds engendres en Angleterre par Margareth, j'ai tendance a n'en voir que les cotes postifs. Le fait est qu'elle a donne un grand dynamisme economique au marche anglais et aux mentalites.

Pour en revenir a Chirac et son envie de plaire, il me semble que l'action est plus recompensee sur le long terme que l'inaction. Quel souvenir laissera-t-il dans l'histoire de France? Quelles seront ses realisations dont on se souviendra? Certains repondent "la reforme des armees". La belle affaire! D'autres avancent "la politique exterieure". Quelles sont les grandes realisations dans ce domaine que nous citerons dans 50 ou meme 20 ans? Le bilan Chiraquien est donc tres leger. Je ne comprends pas que l'amour propre de Chirac ne le pousse pas -ne l'ait pas pousse, car il est trop tard- a engager des reformes dont tout le monde connait la necessite voire l'urgence.

3/29/2006

Reflexions sur les "manifs etudiantes"


Sur la forme

Le blocage des facs est tout a fait inacceptable et absolment injustifiable.
Sans parler de la deterioration de materiel. Je ne vois pas ou se trouve la legitimite dans le fait d'empecher les etudiants "non-grevistes" d'etudier ou les enseignants d'enseigner. Ca ressemble a s'y meprendre a des piquets de greve, qui sont illegaux, me semble-t-il, eux. C'est un moyen parfait pour une minorite active de gonfler artificiellement l'importance d'un mouvement.

La nature des participants aux diverses manifestations m'etonnent. On trouve une foule de gens qui ne sont pas concernes par le CPE mais qui manifestent par solidarite ou pour la sauvegarde des acquis sociaux. Ca me fait penser aux grevistes SNCF qui avancaient il y a quelque temps qu'ils etaient en greve "pour la defense du service public", ce qui revient a dire a peu pres "ce n'est pas pour moi que je fais greve, mais pour vous". De grace, faites la greve pour vous, je la ferai pour moi le jour ou je le jugerai necessaire! Cela ote, a mes yeux, tout le poids de ce mouvement puisque l'on a vite fait de retrouver des interets syndicaux purement politiques qui ne sont jamais loins de la manipulation de foule, avec la desinformation qui va avec.

L'on a toujours tendance a s'appitoyer sur le sort des manifestants blesses, ce qui est plus que comprehensible, mais je n'ai jamais entendu s'exprimer une admiration pour l'efficacite des forces de l'ordre qui parviennent a limiter la casse, dans tous les sens du terme, avec brio. L'inconscient collectif francais est marque par le slogan soixante-huitard "CRS=SS". J'entendais il y a peu sur RTL un etudiant villipender Sarkosy en beuglant "Mais c'etait les CRS a qui qui nous tapaient dessus hier? Eh ben c'etaient ceux a Sarkosy!". Je passe sur la grande maitrise du langage qui fait penser que certains devraient retourner a leurs etudes au lieu de l'ouvrir. Mais,
bonhomme, les CRS sont la, je te rappelle, pour eviter les troubles a l'ordre public. Quand tu occupe "ta" fac, tu es en fait en train de monopoliser des batiments et des materiels payes par les contribuables. Et tu empeche des enseignants, egalement payes par le contribuable, d'exercer leur metier. Et tu empeche des etudiants, pour les etudes desquels les contribuables ont ete taxes, d'etudier. C'est a dire que ca a ete paye par d'autres pour toi. C'est a dire que tu n'es pas chez toi. C'est a dire que tu devrais avoir un respect insondable pour ces institutions sans lesquelles tu serais condamne a l'inculture et au lieu d'avoir le QI de poulpe qui semble etre le tien, tu aurais celui d'un gasteropode! Ce n'etaient donc pas les CRS a Sarkosy, qui te tapaient dessus, mais les CRS a moi, contribuable!
Ce con m'a exaspere! Je suis sur qu'il est grand, maigre et chevelu, avec soit un tee-shirt pourri soit une veste en velours cotele.

Sur le fonds

Bernard Thibault, invite du Grand Jury RTL Le Figaro, s'est longuement exprime sur le CPE. Il a bien sur critique le gouvernement de ne l'avoir pas consulte avant de faire voter la loi. Car c'est ca, le fonds du probleme! Il ne s'agit pas de reduire le chomage mais de conserver les acquis des syndicats, autrement appeles "instances representatives". Et qui representent-ils, ces syndicats, avec leurs chiffres d'adhesion ridicules? Ou est la democratie quand une minorite decide de nuire a un ensemble? Je serais tres etonne si l'on me prouvait que les mouvements de blocages et autres sont decides de maniere democratique.
Dans la meme emission, Bernard Kouchner avait dit il y a quelque temps qu'au lieu d'abroger ce texte, il etait preferable de l'appliquer pour ensuite corriger le tir. Il a bien sur change d'avis depuis. Dommage, c'etait une forme de reflexion assez saine.


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